dimanche 19 juin 2016

L'Âge du fer

Camions autonomes, région de Pilbara, Australie.
Nécessaire à la production de l’acier qui est utilisé massivement par le BTP et dans le secteur automobile, le minerai de fer est une des ressources clé de notre quotidien. Chaque jour, une poignée de géants extrait cette matière première par millions de tonnes, 24h/24, 7 jours sur 7. Inlassablement.

Le ballet logistique de camions autonomes, de wagons et de vraquiers répond à une réalité économique implacable. Dans ce business, chaque centime économisé sur la production et l’acheminement d’une tonne de minerai correspond à un gain se comptant en millions de dollars en fin d’année.

Quatre géants se partagent 61% du marché. Il s'agit de Rio Tinto (19%), du brésilien Vale (17%), de BHP Biliton (15%) et  de Fortescue Metal Group. La concentration du secteur se renforce actuellement au grand dam des producteurs marginaux qui se voient contraints de sortir du marché.

Parts de marché du minerai de fer (cliquez pour agrandir)


En effet, le cours du minerai de fer est passé en dessous du coût de production de nombreuses sociétés minières (celles se situant dans le dernier quartile en termes de coûts de production). Il va sans dire que ces sociétés se sont donc retrouvées dans une situation financière délicate. Certaines ont déjà déposé le bilan et d’autres « s’agrippent du bout des ongles » pour reprendre l’expression de Sam Walsh (CEO de Rio Tinto).

Cours du minerai de fer sur 10 ans (cliquez pour agrandir)

L’Australie et le Brésil sont les plus gros exportateurs de minerai de fer. Ce minerai converge principalement vers la Chine, plus gros producteur mondial d’acier. C’est ainsi de façon naturelle que l’indice de référence du négoce de minerai de fer correspond à une livraison CFR à un port chinois (Tianjin / Dalian / Qingdao pour citer les principaux) avec une concentration de 62% en fer.

Principales mines et réserves de minerai (cliquez pour agrandir)
Pour résumer, l’idéal pour une minière est d’exploiter un gisement riche en fer (de grade DSO –Direct Shipping Ore- si possible), accessible (à fleur de la surface idéalement), bien relié à un port (voie ferrée ou fluviale) qui se trouve lui-même le plus proche possible d'un port chinois… En se basant sur ces critères, la région de Pilbara en Australie (nord ouest du pays) se retrouve en 1ère place sur le podium, profitant principalement à Rio Tinto et BHP.

Quant à Vale au Brésil, elle a cherché à compenser son éloignement géographique par l’utilisation d’une impressionnante flotte de VLOC (Very Large Ore Cariers, « Valemax ») : de nouveaux monstres marins transportant jusqu’à 400 mille tonnes de minerais de fer chacun ! La faiblesse actuelle du coût de l’énergie contribue également à réduire le delta de coût de transport vis-à-vis de ses concurrents australiens. De plus, un immense projet, baptisé S11D, est en train de sortir de terre au Brésil. Il s’agit d’un investissement colossal de 20 Mds USD qui ambitionne une production annuelle de 90 Millions de tonnes de minerai associée à des coûts d’exploitation extrêmement bas.
Route des Valemax vers l'Asie (cliquez pour agrandir)


En attendant que le marché se ressaisisse, les 3 majeurs devraient très probablement continuer à faire des bénéfices sur cette activité, restant les producteurs à plus bas coût du secteur. Il s’agit vraiment de « cash-cows » dont les marges restent importantes. Nous verrons dans les prochaines années si la stratégie de « predator pricing » poussée par les trois majors se révèle payante (c’est-à-dire si le marché aura éliminé les acteurs marginaux / trop endettés).

La valorisation de ces minières est prévue pour un prochain article, avec tous les ratio et analyses de cash flows qui vont bien !

AMF : je suis actuellement actionnaire de Rio Tinto et je ne compte pas acheter ou vendre de titres d’aucune entreprise citée dans cet article au cours des prochaines 48h. Cet article ne saurait constituer une quelconque recommandation d’achat ou de vente et n’exprime qu’une opinion personnelle. 

lundi 8 février 2016

Bilan 2015

Le portefeuille affiche de nouveau une performance positive en 2015 : +6.23%. Nous atteignons donc une performance globale de +155% depuis la création du portefeuille (il y a presque 7 ans) soit +12,72% annualisé

Aucune année négative n’est à déplorer pour le moment et la volatilité reste maîtrisée (+9.1% annuel), ce qui me conforte dans mes choix de gestion.

Cette année a été marquée par la chute des matières premières (énergie et métaux de base en tête), un environnement de taux bas, une baisse de l’euro face au dollar US et une résurgence de craintes quant à l’éventuel hard landing chinois. La faiblesse du Baltic Dry Index témoigne autant d'une surcapacité de vraquiers que du ralentissement des échanges tandis que les géants du négoce (Glencore, Noble...) sont en cours de deleveraging via d'importantes cessions d'actifs. 

Concernant le portefeuille, l’OPA sur Faiveley a contribué favorablement à la performance (+99.4% en 2015), tandis que Casino accuse une chute de -44.5% sur cette même année, le rapport Muddy Water ayant légèrement amplifié la chute.

Récapitulatif :
Période
Evolution de la part
Valeur de la part (*)
2015
+6.23%
255.53
2014
+7.02%
240.54
2013
+30.67%
224.76
2012
+23.56%
166.87
2011
+3.70%
135.05
2010
+12.30%
130.23
2009 (sur 10 mois)
+15.97%
115.97
(*) : base 100 à la création du portefeuille en 2009

L’allocation d’actif tourne  autour de 90% actions / 10% obligations. Les obligations détenues sont majoritairement à taux variable. 

Allocation par classe d’actif :




Allocation par place de cotation :



La volatilité annuelle du portefeuille reste stable et s’établie à 9.1% en 2015. Le ratio de Sharpe se retrouve donc inférieur à l’unité cette année. La VaR paramétrique 95% à 1 an s’établie à -6% en utilisant une hypothèse de rendement moyen de +8% (VaR = -15% avec une hypothèse de rendement moyen nul).

Voici la distribution des rendements hebdomadaires en 2015 :

Les secteurs de l’énergie et des métaux de base étaient sous-représentés jusqu’à présent. Suite à la baisse des cours, je compte renforcer leur poids dans le portefeuille au cours des mois à venir. 

Disclaimer AMF : les performances passées ne présagent pas des performances futures, ceci est un simple rapport de gestion d'un portefeuille personnel et ne saurait constituer un quelconque conseil en investissement.

samedi 2 mai 2015

Et pour quelques barils de plus...

Cuves de stockage de pétrole en Irak
Chaque marché présente son lot d’opportunités. Qui profite donc aujourd’hui de la baisse des prix de l’or noir ? Bien entendu vous me répondrez tous en chœur : « les sociétés consommatrices de pétrole : industriels comme Michelin et compagnies de transport principalement ». Oui, mais aujourd’hui je vais plutôt parler de certaines sociétés de l’industrie pétrolière qui ont su augmenter leurs profits grâce à la chute des prix.

Je nomme : les compagnies de stockage de pétrole ! En effet, la surabondance d’offre de pétrole a fait plus lourdement chuter le cours spot du pétrole que les marchés à terme (contrats pour une livraison dans 3 mois, 6 mois…). Cette situation a  créé un fort contango (marché à terme > spot). 

Or, lorsque le contango est assez important, il y a une opportunité d’arbitrage qui consiste à acheter la matière première (physiquement, au cours spot), vendre un contrat future et stocker la matière première jusqu’à échéance du contrat future (date de livraison). Cet arbitrage n’est possible que si le spread spot-future dépasse les couts de stockage, d’assurance et les intérêts liés à l’achat spot. En finançant l’achat spot à 100% on réaliserait alors un arbitrage parfait : aucun risque, pas de cash à sortir et un profit certain.

Voici la structure actuelle (mars 2015) du marché à terme sur le WTI et le Brent :
Stucture marché à terme brent et WTI en mars 2015 (cliquez pour agrandir)

Exemple concret : le cours du WTI (spot, mars 2015) est de 47.44 USD contre 56.12 USD pour le contrat future à échéance mars 2016 (un an plus tard). Cela fait un écart de 8.68 USD par baril soit un spread de 18.3% ! Maintenant il faut retrancher intérêts et assurance sur 1 an autour de -1.5 USD / baril et les frais de stockage : actuellement entre 0.5 USD/mois/baril et 1.2 USD pour les solutions les moins optimisées (la location des cuves étant moins chères que celle des navires) soit des frais compris entre 6 USD pour la solution optimisée et 14.4 pour l'autre.

Exemple concret d'arbitrage physique en mars 2015

Bilan : l'arbitrage n'est positif qu'à condition de faire les bons choix logistique et de tout optimiser (l'arbitrage physique requière donc de disposer d'économies d'échelle). There is no free lunch !

 Ces anomalies de marché constituent le fonds de commerce de nombreux arbitrageurs et autres traders commodities des boites de négoce (Vitol, Glencore, Mercuria, Gunvor, Trafigura…) ainsi que de certaines banques  ou de majors pétrolières. Leurs interventions tendent constamment à ramener le marché vers une situation sans anomalies (sans opportunités d’arbitrage).

Revenons à nos moutons et voyons en quoi le contango impacte les sociétés de stockage. Comme nous venons de le voir, la forte baisse de prix a attiré de nombreux arbitrageurs et également des spéculateurs. Ils veulent tous acheter du pétrole aujourd’hui et le stocker pour le revendre plus cher dans quelques mois : ce sont donc des merveilleux clients pour les compagnies de stockage ! Cette demande de capacité de stockage fait donc monter les prix de location (l’offre de stockage restant limitée) des cuves et des tankers (un VLCC peut contenir 2 millions de barrils). 

Pour donner une idée de ce marché : en moyenne un VLCC qui se louait 60K USD quelques mois auparavant se loue désormais au-dessus de 80K USD aujourd’hui soit une augmentation du charter rate de +33% (avec de fortes variations selon les termes du contrat, des caractéristiques du navire etc).

Comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous, la demande de stockage de pétrole a explosé (x3) ces derniers mois (proxy : cuves de Cushing) :
Evolution du stock de pétrole à Cushing (hors réserves stratégique des USA). Source : EIA. (Cliquez pour agrandir)

Ces sociétés sont peu connues du grand public : Vopak (capacité de 210 millions de barils), Kinder Morgan, OilTanking GmbH et Magellan Midstream Partners LP sont les plus importantes de ces sociétés spécialisées et indépendantes (chaque major détient des capacités de stockage). Parmi les traders qui détiennent de fortes capacités de stockage, on peut noter Mercuria qui peut stocker plus de 40 millions de barils et VTTI qui est une filiale de Vitole.

Resterait-il des miettes pour nous, pauvres petits investisseurs ? Malheureusement, les opérations d’arbitrage physique sur le pétrole ont une forte barrière à l’entrée. Concernant un investissement equity dans les sociétés de stockage mentionnées, mon point de vue est que ces sociétés ne sont pas spécialement bon marché actuellement (PER autour de 20) malgré le repricing de leurs nouveaux contrats. Ces tarifs ne vont pas forcément perdurer et de nouvelles capacitées de stockage vont rentrer sur le marché. La prochaine hausse des cours de pétrole ou l’arrivée de nouvelles capacités de stockage sur le marché réduiront automatiquement les marges de Vopak et consorts.

Ce qu’il faut retenir de tout cela est que :
  • En termes de diversification de portefeuille il faut prendre en compte la sensibilité de chaque actif aux différentes variables macroéconomiques (cours du pétrole, taux d’intérêts etc) et non pas classer bêtement par secteur d’activité.
  • Chaque situation de marché présente son lot d’opportunités (arbitrages, hausses des tarifs des nouveaux contrats de location…).
  • Il faut se méfier des heuristiques (ne pas prendre de raccourcis dans une analyse) et bien vérifier que les nouvelles ne sont pas déjà dans les cours.


dimanche 1 février 2015

Bilan 2014

Cette année encore, le portefeuille affiche une performance positive : +7%. Je considère cette performance comme satisfaisante compte tenu de l’évolution des marchés l’année précédente (le portefeuille avait fait +30% en 2013) et le manque d’opportunités début 2014.

On arrive donc à une performance globale de +140% depuis la création du portefeuille (il y a presque 6 ans) soit +16,25% annualisé. 

Aucune année négative n'est à déplorer pour le moment et la volatilité semble maîtrisée, ce qui me conforte dans mes choix de gestion.

Récapitulatif :
Période
Evolution de la part
Valeur de la part (*)
2014
+7.02%
240.54
2013
+30.67%
224.76
2012
+23.56%
166.87
2011
+3.70%
135.05
2010
+12.30%
130.23
2009 (sur 10 mois)
+15.97%
115.97
(*) : base 100 à la création du portefeuille en 2009

La performance 2014 a été plombée par les fortes baisses de Morrisons et Suedzucker qui souffrent actuellement d’un contexte sectoriel très défavorable (guerre des prix au Royaume-Uni pour Morrisons et chute du cours du sucre pour Suedzucker). J’ai pu me renforcer sur ces deux valeurs en cours d’année.

Niveau hausses, je cite Orange que j’avais acheté one-shot à 7.4€ et revendu très récemment à 14.2€. Mon opinion étant que les multiples de valorisation sont devenus trop élevés au regard de la situation concurrentielle, des problèmes de corporate governance et des faibles perspectives du groupe. De nombreux gérants de fonds se sentent obligés d'en avoir en portefeuille car c'est la plus forte hausse du CAC40... Nous n'avons pas les mêmes valeurs apparemment.

J’ai également cédé un peu plus de la moitié de mes titres Exacompta-Clairefontaine autour de 80€. J’ai eu un market-timing très favorable (j’avais acheté autour de 39€, quasiment au plus bas). Il s’agit d’un asset play dont l'issue reste fortement dépendante du bon vouloir des dirigeants. Le manque de catalyseurs au déblocage de valeur explique la valorisation actuelle. Wait and see.

Au niveau macro, la forte chute du pétrole a été globalement favorable car le portefeuille est davantage constitué de sociétés consommatrices de cette matière première (comme Michelin) que de producteurs. A titre très anecdotique, j’ai pris en janvier 2015 une petite couverture optionnelle sur une éventuelle hausse du brent (moins de 0.2% du portefeuille en valeur de marché).


La volatilité annuelle du portefeuille s’établit à 9.8% en 2014. Le ratio de Sharpe se retrouve donc inférieur à l’unité cette année.

Pour finir, voici l'évolution du portefeuille depuis sa création (l'indice CAC40 est affiché à titre indicatif mais n'est pas un benchmark) :
-cliquez pour agrandir- Portefeuille en bleu, CAC40 en rouge

Bons investissements à tous !

vendredi 18 juillet 2014

A contre-courant

Quel que soit le domaine, il est rarement aisé d’avancer à contre-courant. C’est actuellement le cas pour mes deux derniers investissements qui vont à l’encontre de la pensée dominante du marché.
 
Comme vous le savez, j’essaie souvent de tirer parti des grandes peurs souvent simplifiées et exagérées par le marché. Cette stratégie est souvent profitable et j’ai pu réaliser de bons investissements qui étaient à contre-courant par le passé. Mais qu’en sera-t-il de mes deux dernières positions ? J’en doute moi-même.

De qui s’agit-il ? Je nomme Suedzucker et Morrisons !

Suedzucker (Allemagne) est principalement un producteur de sucre (environ 50% du chiffre d’affaire). La grande peur du marché concerne la fin des quotas européens prévue en 2017 livrant les producteurs européens (betterave) à la concurrence des producteurs brésiliens (canne) et autres gros exportateurs. De plus, en ce moment le cours du sucre est à un niveau extrêmement bas, dû à une série d’années de production mondiale supérieure à la consommation. Les stocks de sucre sont au plus haut.

Cours de l'action Suedzucker sur 5 ans

Cours du sucre sur 5 ans

Ces craintes sont justifiées et me préoccupent également mais je pense qu’il faut voir plus loin. Tout marché s’ajuste avec le temps, la faiblesse des cours du sucre devrait pousser certains producteurs à se tourner vers d’autres cultures (et certaines raffineries ferment déjà) alors que la consommation de son côté devrait continuer de progresser de 2% annuellement en moyenne. Il ne faut pas non plus prendre les nombreuses années de bonnes récoltes comme étant une constante devenue intemporelle. La région Centre-Sud du Brésil pourrait très bien être frappée par une maladie ou un événement climatique (El niño…) dans un futur proche. Cela amputerait fortement le stock mondial et rétablirait un certain équilibre. Pour finir, concernant la fin des quotas, je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de lobbying du premier producteur de sucre européen.

Je ne spécule pas sur un élément en particulier mais je pense que la situation ne sera pas forcément aussi terrible qu’annoncée. Suedzucker a très peu de dettes, génère 700 millions de cash-flow opérationnel et vaut 3Mds € en bourse actuellement contre 7Mds € à son plus haut, en mars 2013.

Morrison (Royaume Uni) est une chaine de supermarché britannique qui perd des parts de marché face à la concurrence du hard discount. La grande peur du marché est l’effet dévastateur qu’aura la guerre des prix (déjà en cours) dans ce secteur ultra concurrentiel. Le marché n’a plus confiance dans le management de cette chaine qui a plusieurs fois changé de stratégie et semble manquer de cohérence. De plus, cette société a posté une perte nette pour l’exercice 2013.

Cours de l'action Morrison sur 5 ans

Je suis en phase avec le marché concernant la situation concurrentielle et j’ai malheureusement commencé à investir dans Morrison peu avant le lancement de la grande guerre des prix (campagne « I’M cheaper » lancée par Morrison). Concernant la perte comptable, qui est un élément de pessimisme facile à opposer, il faut aller un peu plus loin et voir qu’il ne s’agit que de grosses dépréciations très exceptionnelles (pour 900 millions £) sans lesquelles le résultat aurait été largement positif (environ +700 millions £ de mémoire). En revanche, j’ai du mal à comprendre la vision du management et je doute de ses compétences quand je vois le prix de vente ridicule de Kiddicare (vente en ligne de produits pour bébés) : 2 millions £ pour une activité réalisant 80 millions £ de chiffre d’affaire (vente annoncée il y a deux jours)… une vente sur le marché privé pour 5% du chiffre d’affaire me laisse sans voix…

Pourquoi diable ai-je investis dans cette société ? Je l'ai fait (peut-être à tort) en partie compte tenu de la valeur de ses actifs immobiliers: Morrison possède l’immobilier de 90% de ses supermarchés, centres de distribution et centres de production (oui, Morrison est fortement intégrée verticalement). J’estime la valeur des actifs nets de dettes de Morrisons légèrement au-dessus de 300 pence par action contre un cours boursier de 180 pence actuellement. Je tablais également sur un retour à la moyenne des ventes par m² mais c’était sans compter les récents changements de stratégies du management. Le cash-flow opérationnel autour du Milliards de £ me confortait également. Enfin, vivant à Londres et faisant régulièrement mes courses chez Morrison, je constatais une affluence importante, bien loin du pessimisme des différentes études de marché.

Morrison côte actuellement 4,2 Mds £ (+2.8Mds de dettes) pour 18 Mds £ de chiffre d’affaire et 720 millions de cash-flow opérationnel.

Opportunités ou value-traps, c’est souvent la question que l’on se pose dans des investissements à contre-courant. Le temps nous donnera son verdict !


Je ne recommande aucune des actions citées dans cet article (ni à l’achat ni à la vente), je possède des actions Morrison et des actions Suedzucker et je ne compte pas faire de transaction les concernant dans les prochaines 48h.

lundi 30 décembre 2013

La fin des bonnes affaires

A la recherche d'une aiguille...
La hausse récente du marché action a réduit de facto le nombre d'opportunités disponibles. Je dois dire que je peine désormais à trouver des sociétés présentant de larges décotes sur ce que j'estime être leur valeur intrinsèque.

Je vois de plus en plus de "2-baggers" dans mon portefeuille qui a progressé de 29% en 2013. A l'instant où j'écris ces lignes je viens de solder une position pour 2,9 x mon prix d'acquisition (acheté one-shot en 2011) car je n'y vois plus aucune marge de sécurité.

Voici à titre d'exemple mon portefeuille en novembre 2013: (classement par poids dans le portefeuille)

Titre ISIN PRU Cours  +/- values Poids Commentaire
MALTERIES FCO-BEL. (MALT) FR0000030074 175,40 € 194,50 € 10,89% 12,91% Le cours est récemment passé à 229€ suite à un achat ayant vidé le carnet d'ordre.
SECURIDEV (SCDV) FR0000052839 24,93 € 32,50 € 30,38% 9,40%
CHAUF.URB. FR0000052896 85,35 € 101,49 € 18,91% 7,70% Très beaux résultats cette année (rigueur climatique)
BNP PARIBAS ACT.A FR0000131104 29,58 € 54,11 € 82,93% 6,73%
 EXACOMPTA CLAIREF. FR0000064164 39,64 € 52,10 € 31,43% 5,68% "Asset Play": grosse décote sur actif net mais problème de réallocation du capital à des taux extrêmement bas.
SOCIETE GENERALE (GLE) FR0000130809 15,65 € 40,43 € 158,33% 4,89% Je compte solder cette ligne dans les prochaines 24h. J'avais acheté par esprit contrarian principalement. Avec les dividendes c'est quasiment un 3 baggers.
SG TITRE SUB TMO (-) FR0000585564 0,64 € 0,69 € 7,04% 3,92% Subordonné au paiement d'un dividende.
AXA FRNPL (XS0188935174) XS0188935174 0,57 € 0,95 € 66,35% 3,36% Perpétuelle à taux fixe.
ETAM DEVELOPPEMENT (TAM) FR0000035743 10,49 € 22,23 € 111,90% 3,16% Je n'ai pas apporté mes titres à l'offre de rachat (en partie pour des raison fiscales).
 SUEDZUCKER(XETRA) DE0007297004 23,42 € 20,79 € -11,23% 3,08% Le cours a baissé entre temps et j'ai renforcé autour de 18,5.
CR.AG.TV0303 12ANS (ACABC) FR0000181307 0,83 € 1,00 € 20,53% 2,97%
Michelin SA FR0000121261 46,07 € 79,00 € 71,48% 2,43%
AXA (CS) FR0000120628 8,59 € 18,83 € 119,12% 2,23%
FAIVELEY TRANSPORT (LEY) FR0000053142 37,06 € 57,50 € 55,14% 2,04%
 ROUGIER S.A. FR0000037640 26,42 € 28,55 € 8,06% 1,89%
CASINO TV TSDI (CATS) FR0010154385 0,62 € 0,78 € 25,87% 1,84%
PEUGEOT (UG) FR0000121501 8,57 € 10,31 € 20,26% 1,71% J'ai soldé la moitié de la ligne un mois avant ce reporting. Comme SG, j'avais acheté par esprit contrarian principalement. Secteur en surcapacité avec un point mort extrêmement élevé.
BNPTMOFRN29OCT49 (-) FR0000572646 0,68 € 0,68 € -0,37% 1,63%
CASINO GUICHARD (CO) FR0000125585 62,61 € 81,79 € 30,63% 3,00%
ORANGE (ORA) FR0000133308 7,39 € 9,42 € 27,40% 1,52%
Interparfums SA FR0004024222 16,86 € 30,50 € 80,90% 1,48%
BOIRON (BOI) FR0000061129 18,86 € 47,76 € 153,23% 1,42% J'ai soldé la moitié de la ligne un mois avant ce reporting. A quel prix payer la croissance ?
LDC (LOUP) FR0000053829 75,05 € 118,53 € 57,95% 1,40% A profité de la faillite de ses concurrents en Bretagne.
CICTSDIFRN29JUL49 (-) FR0000584377 0,61 € 0,62 € 1,19% 1,40%
BONGRAIN (BH) FR0000120107 47,88 € 58,20 € 21,57% 1,38%
TOTAL (FP) FR0000120271 37,85 € 44,46 € 17,45% 1,37%
NIBC FRNPL (XS0249580357) XS0249580357 0,46 € 0,57 € 22,55% 1,35%
SCOR SE (SCR) FR0010411983 18,02 € 25,80 € 43,16% 1,22%
ACHMEA 6.000% PERP NL0000168714 0,91 € 1,02 € 12,51% 1,21%
FLEURY MICHON (FLE) FR0000074759 28,03 € 48,00 € 71,28% 1,14%
Lyxor ETF CAC 40 (CAC) FR0007052782 30,13 € 42,49 € 40,99% 1,06%
Séché Environnement FR0000039109 29,85 € 28,60 € -4,17% 1,02% Fin des déboires avec la SAUR…
SANOFI (SAN) FR0000120578 51,49 € 78,45 € 52,37% 0,93% Acheté au moment ou tout le monde craignait le "patent cliff". Pas eu l'occasion de renforcer depuis.
BOUYGUES (EN) FR0000120503 32,54 € 28,29 € -13,07% 0,67%
CNP ASSURANCES (CNP) FR0000120222 15,36 € 14,00 € -8,86% 0,46%
VIEL ET COMPAGNIE (VIL) FR0000050049 2,88 € 2,35 € -18,40% 0,28%
AUSYFRN20OCT14 (-) FR0010805358 0,69 € 0,90 € 30,26% 0,10% Remboursement du principal par amortissements.
SNS 6.258-VAR% PERP XS0310904155 0,71 € 0,00 € -100,00% 0,00% Expropriation. Actions en justice en cours.

Depuis sa création en 2009 le portefeuille a progressé de +116%, ce qui reflète un rendement annualisé de 17,4%. Je considère que les conditions actuelles ne permettent pas de répliquer cette performance de façon sereine (avec une marge de sécurité).

Je recherche donc actuellement des sociétés solides, peu cycliques, ayant d'importants cash-flows, relativement cheap et cotées dans des pays sans "withholding tax" de préférence (comme Singapour par exemple). Des idées ?