mercredi 18 avril 2012

Analyse: Malteries Franco-belges


Je vous livre aujourd'hui une de mes plus belles trouvailles de l'année, à mettre dans son compte-titre sans hésiter !

Malteries Franco-belges est une small-cap cotée sur Euronext Paris dont l’activité principale est la transformation de l’orge afin d’obtenir du malt qui sera par la suite revendu aux brasseurs.

Elle dispose de quatre sites de production en France : les malteries de Pithiviers (45), de Prouvy (59), de Brazey-en-Plaine (21) et de Saint Saulve (59) et emploie 104 salariés. Ces sites ont une production annuelle de 264.000 tonnes de malt dont 46% est à destination de l’Union Européenne.

A cela s’additionne une importante participation à hauteur de 47.7% dans « Compagnie Internationale des Malteries » (CIM) qui produit 852.000 tonnes de malt dont 66% en Europe Centrale et 33% dans les pays de la Communauté des Etats Indépendants.

Cette société n’est quasiment pas endettée, affiche un PER de 6,7 et un ratio Price-to-Book de 0,6.
De plus, les résultats sont très stables et l’augmentation de la demande des pays émergents devrait avoir un impact positif sur la croissance du groupe.

Le seul point négatif est la faible liquidité du titre, mais cela ne devrait pas poser trop de problèmes pour les petits portefeuilles qui ont un petit peu de patience.

Comptes consolidés : (juin 2011, en k€)


Résultat :
Chiffre d’Affaire : 91.139
Résultat opérationnel : 8.475
Cout de l’endettement financier : (294)
Quote-part CIM : 5.345
Résultat avant impôts : 14.164
Charge d’impôts : (2.988)
Résultat net part du groupe : 11.178

Bilan :
Immobilisations : 34.000
Participation dans CIM : 95.000
Actifs courants : 19.500 (dont stock : 14.000)
Total Actifs : 149.000

Capitaux propres : 122.494
Passifs non-courants : 8.780 (dont impôts différés : 6.800)
Passifs courants : 17.792 (dont 13.200 dettes fournisseurs)
Total Passifs : 149.000

ROE : 9,1%
Marge opérationnelle : 9,3%
Marge net : 5,2%
  (calculée en retirant la participation de CIM au résultat net car CIM ne contribue pas au chiffre d’affaire).


Nombre de titres : 495.988
Capitalisation boursière : 74.400
Bénéfice par action=22.5€
Capitaux propres par action=246€


Divers :
Actionnariat : groupe Malteries soufflet : 92%.
Aucun jeton de présence n’est versé aux administrateurs.
Les dirigeants de Malteries Franco-belges ne perçoivent pas de rémunération.
Culture générale : il faut 12,3kg de malt pour produire un hectolitre de bière.

Information AMF (art. 632-1): je détiens personnellement des titres "Malteries Franco-belges".

mercredi 5 octobre 2011

OPA sur Vermandoise

Bonne nouvelle pour ceux qui détiennent eux aussi des parts de Vermandoise: leur valeur vient de doubler !

Acheté 1712€ la part en début d'année, elle vaut désormais  3.487,30 Euros ! (sans compter le dividende de 60€ versé en fevrier). Au total cela fait donc +107% en 9 mois.

En effet, une OPA à été lancée par Cristal Union: 
(Boursier.com) -- Le groupe sucrier Cristal union a conclu un accord d'exclusivité pour l'acquisition du contrôle du groupe Vermandoise, qui comprend la Vermandoise de Sucreries et la Sucrière de Pithiviers, dont le cours avait été suspendu en bourse hier. Le rapprochement, amical et sans fermeture de site ou réduction d'effectifs, créerait le second acteur français et le cinquième européen, avec 1,2 Milliard d'Euros de revenus annuels. (...)
 
Le prix offert [aux actionnaires] de la Vermandoise de Sucreries sera de 3.487,30 Euros (soit une prime de 98,7% par rapport au cours de bourse de clôture du 30 septembre 2011) cliquez ici pour l'article complet
Comme quoi, l'analyse fondammentale peut donner de très beaux résultats, surtout sur les petites capitalisations. Aucune analyse technique ne peut déceler ce type de sous-valorisation.

J'avais évalué la valeur de Vermandoise autour de 2200 euros en étant assez conservateur. Je pense donc que l'offre de Cristal Union est très intéressante.

Mon seul bémol, c'est que j'aimais bien avoir un producteur de sucre en portefeuille afin d'être exposé aux matières premières... il va falloir trouver un remplaçant. Décidément, je suis jamais content ! :D

lundi 3 octobre 2011

Le coût de la peur

La plupart des investisseurs cherchent à faire du « market-timing », c’est-à-dire cherchent à prédire l’évolution court terme des marchés. Sur le long terme, cela se révèle souvent désastreux.

Cela se caractérise généralement par des phrases comme : (à peine exagéré :D )
• « Aaah mes actions ont déjà baissé de 30%, ça ne vaudra sûrement plus rien dans quelques mois : je vends tout, et qu’on ne m’y reprenne pas ! »

ou encore :
• « Whaow ! l’action a pris 120% en 2 ans et ça ne s’arrête pas, j’achète avec effet de levier sans hésiter! »

En image, dans le cas extrême ça donne souvent: (cliquez pour agrandir)
 
 
Maintenant, finit de rire, passons aux chiffres réels donnant l'impact moyen de ces faiblesses psychologique:
Sur la période 1996-2000, un investisseur moyen a obtenu un rendement négatif de -3,6% alors que le marché action, et donc un investisseur passif aurait réalisé un rendement positif de 6.8%.

Cette différence est :
  1. énorme : 10.6% de différence (moyenne annualisée)
  2. due aux faiblesses psychologiques de l’être humain (peur et avidité)

L’investisseur moyen aura donc raté les 30 meilleurs jours de bourse (c’est assez vertical lors des reprises), ce qui donne une différence de 10.6% par rapport à l’investisseur passif.

Graphiquement: (cliquez pour agrandir)

Le graphique suivant compare les variations de prix des actions avec les flux d’achats/ventes de fond d’investissement. (cliquez pour agrandir)
On remarque très clairement qu’en moyenne l’investisseur lambda vend pendant les crises, rate les reprises et achète plein d’actions pendant les bulles !


Pour finir, deux citations qui prennent ici tout leur sens:


“Far more money has been lost by investors preparing for corrections
or trying to anticipate corrections than has been lost in the corrections themselves."
(Peter Lynch)

Et toujours le classique:

“Be fearful when others are greedy.
  Be greedy when others are fearful.”
(Warren Buffett)

mercredi 14 septembre 2011

L’immobilier est dangereux

L’immobilier est souvent synonyme de « sécurité » dans l’imaginaire collectif. Depuis le début de l’année et à plus forte raison j’estime que « dangereux » serait un meilleur qualificatif.

Arguments :
  1. Les prix au m² ont augmentés beaucoup plus rapidement que le pouvoir d’achat des ménages.
  2. Cette hausse des prix provient notamment de la baisse des taux d’intérêts… qui remonteront sûrement.
  3. Cette hausse des prix provient également des dispositifs fiscaux… qui risquent bien de disparaitre.
  4. Les banques limiteront certainement leurs prêts, notamment afin de respecter les ratios prudentiels.
  5. Elles sont d’ailleurs en train de resserrer les conditions d’octroi de crédit immobilier.
  6. Si la crise boursière se concrétise par une récession, si le plan de rigueur annoncé se concrétise, il y aura nécessairement plus de chômeurs et donc moins d’acquéreurs potentiels.
  7. De même, les ménages s’étant endettés sur de nombreuses années et dont la situation économique se trouverai détériorée seront poussés à mettre leur biens immobiliers en vente.

Donc diminution de la demande et accroissement de l’offre… l’équation ne présente rien de bon !

Maintenant il faut relativiser :

La demande de logement est encore particulièrement forte en France.

Si vous possédez plus des 2/3 d’un bien immobilier, la baisse des prix vous impactera beaucoup moins (en proportion) et vos loyers resteront surement stables (voir augmenteront).

Par contre,  le grand danger est pour les primo-accédants qui ont voulu surfé sur la vague « Le Scellier » en empruntant 90%  du prix (ou même plus !).

En effet, dans ce dernier cas, une baisse de 10% des prix de l’immobilier correspond à une perte de 100% de l’apport personnel. De plus, sans les réductions d’impôts, le rendement peut facilement devenir négatif (il suffit que les intérêts payés soient supérieurs aux loyers reçus).
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Pour ceux qui restent perplexes, voici un exemple un peu grossier, mais restant réaliste :

Prix du bien = 100.000€, apport personnel=10.000€, emprunt à 4% revenus locatifs=3%, réduction d’impôts=2,4%.

Si tout va bien, cela donne : (3+2,4)-4=1,4% sur 100.000 € = 1.400€ de revenus, soit 14% de rendement pour la première année (vis-à-vis des 10.000€ d’apport initial).

Par contre, si les prix de l’immobilier chutent de 10% seulement (ce qui est très raisonnable), la valeur du bien passe de 100.000€ à 90.000€, mais la somme originalement empruntée reste égale à 90.000€ (l’apport personnel était de 10.000€). Ce qui vous appartient réellement c’est 90.000€ d’immobilier moins 90.000€ de dettes = …suspens… zéro !

Cette perte de 100% du capital investit peut très largement s’aggraver. En effet si vous avez le malheur de perdre votre emploi, il est fort probable que vous ne payiez plus d’impôts et donc les réductions qui étaient initialement comptées comme des « gains » ne doivent plus apparaître dans le calcul du rendement. Ce qui donne désormais 3% de loyers – 4% d’intérêts = -1% soit -1.000€ par an. Oui, en plus d’avoir perdu 100% de la mise de départ vous risquez de devoir payer dans le vent 1.000€ par an.


Bulle immobilière

Des paroles qui restent d'actualité !




Je vous invite à lire cet article: http://alphapourtous.blogspot.com/2011/09/limmobilier-est-dangereux.html

mercredi 31 août 2011

Portefeuille au 31 août 2011

Comme promis, et devant l'insistance de certains, je vous présente ici la composition de mon portefeuille.

Actions:
Concernant le portefeuille actions, un grand nombre de secteurs d'activités sont représentés: énergie, télécoms, banque, assurance et ré-assurance, "luxe", agroalimentaire, traitement des déchets, et grande distribution. Je met luxe entre guillemets car je ne suis pas sûr de pouvoir y classer InterParfums.

Ce mois-ci, face à l'importante chute des cours, j'ai fortement renforcé mes positions en actions. Ce qui explique que cette classe d'actifs représente encore 38% du portefeuille total. Le pessimisme actuel favorise des achats a des prix attractifs: profitons-en !

Cliquez pour agrandir:
Portefeuille actions



Obligations:
Pour ce qui est des obligations, comme vous pouvez le remarquer j'aime bien les perpétuelles (elles payent une rente théoriquement éternelle) et celles à taux variable (afin d'être moins sensible aux variations de taux d'intérêt). Malheureusement pour la diversification, la plupart sont émises par des sociétés financières (à part AUSY et CASINO).

Cliquez pour agrandir:
Portefeuille Obligations
  

Immobilier:
Pour l'immobilier, il n'y a que deux lignes qui correspondent à des SCPI de murs de magasins. Rendements corrects et stables, très bonne diversification, bonnes équipes de gestion (mais quelques tensions au niveau du management de FICOMA apparemment), cash flow trimestriels.

Cliquez pour agrandir:
Portefeuille immobilier (SCPI)
 
Mes objectifs d'amélioration:
  • Diversifier en devises (Que de l'euro pour le moment)
  • Diversifier les secteurs des obligations (quasiment que des financières)
  • réequilibrer la part de l'immobilier (14% actuellement au lieu de l'allocation stratégique de 20%)

Malgré les événements de ce mois ci, je devrais faire du +5% cette année (contre 8 à 12% les années précédentes). En tous cas, c'est toujours mieux qu'un livret A ! ;-)

mardi 9 août 2011

L’importance du Ca$h


Le cash et ses équivalents ne rapportent presque rien et perdent généralement de leur valeur en tenant compte de l’inflation. Alors pourquoi garder le moindre centime sous cette forme ? Rationnellement, cela parait idiot.
La première explication est très simple et pratique : cela permet d’avoir de l’argent disponible rapidement afin de faire face à certains événements, et cela sans être contraint de solder d’autres actifs à un prix pouvant être défavorable. Cela vaut aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises et spécialement pour les groupes d’assurance.
La seconde raison est stratégique. Elle consiste à dire que le manque à gagner en termes de rendement entre le cash et les autres actifs (actions, obligations, immobilier …) est largement compensé par la limitation du risque de pertes d’opportunités. Je m’explique : cela évite d’être à court de « munitions » lorsqu’une occasion spéciale se présente et cela arrive régulièrement lorsque la majorité des acteurs du marché sont à court de cash.
Par exemple, ceux étant investis à 100% en actions avant un krach boursier n’ont pas la possibilité de racheter des actions alors que leur prix est tombé si bas que leur rendement  est devenu extrêmement intéressant. Seules les personnes ayant du cash peuvent investir dans ces périodes où « Cash is King ».
Détenir cette possibilité a une certaine valeur, au même titre qu’une option. La prime à payer correspondant ici au différentiel de rendement entre le cash et les autres actifs.
Garder du cash, rester patient et enfin, avoir le courage de l’utiliser au moment opportun (souvent alors qu’un fort pessimisme règne) sont pour moi les trois clés d’une bonne gestion du cash. Si l’une d’entre elles manque, les deux autres sont inutiles.
Mehdi Meziane, le 09 Aout 2011

samedi 6 août 2011

Krach sur l'or


Nous entendons tous à longueur de journée que l’or est une valeur refuge, que le prix de ce métal ne peut que monter, etc. Je suis contre cet avis général et je m’explique.

Quelques faits:
Ceux qui se sont positionné à l’achat dans les années 2000 (ou même avant) ont pu voir leur placement se multiplier par six, l’once d’or passant de 260 en août 2000 à 1700 dollars à l’heure où j’écris cet article.
La forte hausse de l’or ces dernières années est exponentielle (utilisez une échelle logarithmique: vous verrez une belle droite), en progression de 20% par ans environ.

Cette hausse s’explique notamment par :
  1. une grande méfiance des investisseurs vis à vis des marchés actions qui à conduit à d’important transfert de fonds des marchés action vers les matières premières (une sorte de « flight-to-quality »).
  2. une réaction aux différentes politiques d’assouplissement monétaires (Quantitative Easing, etc). Menant à un risque inflationniste et de dépreciation des monnaies, particulièrement le dollar.
  3. une crainte quant à la capacité de différents gouvernements à rembourser leurs dettes (allant de la Grèce aux USA, la liste et les montants en jeu sont rabachés par les médias à longueur de journée)
  4. des taux d’intérêt particulièrement faibles, limitant la concurrence d’autres placements.
  5. une vague de spéculation, accentuant le tout.
Aujourd’hui et malgré ces éléments, je suis prêt à me positionner à la vente sur l’or. En fait, c’est justement la disparition de l’ensemble des raisons précitées qui risque de produire un krach sur l’or étant donné la forte corrélation qui existe entre elles.
En effet, dans l’hypothèse d’une amélioration des conditions macroéconomiques:
les diverses craintes sur les dettes publiques s’effaceraient progressivement, le marché action reprendrait quelques couleurs, ce qui entrainerait la fin des politiques monétaires trop accomodantes et donc une hausse des taux d’intérêt. Garder de l’or aurait alors beaucoup moins d’attraits provoquant un retour des capitaux vers les autres classes d’actif et la vague de spéculation sur le métal jaune se trouverait impactée. La suite est mécanique, la baisse entrainerait des ventes forcées, qui entraineraient une plus grande baisse et ainsi de suite jusqu’à la panique qui entrainerait un krach d’une forte amplitude.
Plus en détail:
  • l’or ne rapporte rien (aucun dividende, intéret, loyer ou coupon n’est versé), ne crée aucune richesse en lui même: 1kg d’or aujourd’hui deviendra surement…(suspens)…1kg d’or demain ! En détenir correspond donc à de la pure thésaurisation ou de la spéculation selon le cas. Une hausse des taux d’intérêt renforcerait ce point.
  • Le fort pessimisme ambiant ne va pas durer éternellement et je considère que les craintes sont dans les cours (de façon exagéré, du à la nature humaine). Les USA ont perdu leur « AAA », la Grèce est officiellement en défaut de paiement partiel et il y a un grand risque de contagion… Oui, mais qui ne le sait pas ?
  • Beaucoup d’intervenants sont positionnés à la hausse avec un fort effet de levier, ce qui implique un risque de deleveraging (vente forcées) impressionnant si il y a retournement.
  • Un vieux dicton dit qu’il faut vendre lorsque le chauffeur de taxi vous conseille d’acheter… je ne prend pas souvent le taxi mais j’entends tous les jours de nombreuses personnes (toutes catégories socio-professionnelle confondues) se déclarer prêtes à mettre leur main à couper si l’or ne continue pas à grimper !
  • L’offre d’or est artificiellement limitée car gardée jalousement (et massivement) des des chambres fortes. Un jour, on risque de se rendre compte que l’importance de ces stocks est bien supérieure à tous les besoins de l’industrie et des bijoutiers… (cette raison n’a pas tant de poids étant donné que cette situation pourrait encore perdurer longtemps)
Pour finir, il est intéressant de voir les masses s’engouffrer dans l’achat de ces caillous brillants alors que certains paraissent prendre leurs bénéfices:
« In total, Soros had just under $1 billion in gold ETFs and related stocks at the end of December. 
After selling off his various holdings, that stake is now a mere $216 million. »
(CNN Money, 17 mai 2011)
Pour toutes ces raisons, et de façon très personnelle, j’estime à plus de 80% la probabilité pour que l’or continue de monter dans les prochains mois, mais si les cours baissent, la chute sera vraiment brutale et d’une forte amplitude (compte tenu des ventes forcées qu’elle engendrerait).
C’est la raison pour laquelle je vais acheter quelques puts out-the-money. En ce moment, le put de strike 1600 échéance décembre est vendu à 0,36 (parité=100)… pour ceux qui voudraient se risquer à mettre ces belles théories en application ;-) !
Mehdi Meziane, le 6 Août 2011

samedi 30 juillet 2011

Deux avantages de l’investisseur particulier


L’investisseur particulier est souvent considéré comme partant avec un lourd handicap face aux professionnels du secteur (institutionnels, hedge-funds …).
Il est indiscutable que sa capacité d’analyse ne fait pas le poids face a des équipes d’analystes financiers surpayés. Ainsi, mis à part une certaine asymétrie d’informations, il est généralement incapable de rivaliser en terme de réactivité car toute nouvelle information est prise en compte dans les millisecondes qui suivent son apparition.
Alors quels sont donc les avantages annoncés dans le titre ? Les voici:
  • La capacité à investir dans des entreprises de faibles capitalisation (ou présentant peu de liquidité) sans bouleverser son cours en bourse (une capitalisation inférieure à 250 millions d’euros est généralement rejetée par les institutionnels). Ce segment qui est peu analysé présente par conséquent un réel intérêt à l’analyse fondamentale.
  • Un alignement d’intérêt entre le propriétaire des actifs gérés et le gestionnaire, s’agissant de la même personne dans le cas de l’investisseur particulier. De cet alignement résulte une libération des objectifs court-terme (liée généralement aux bonus) et une focalisation sur le long terme et la préservation du capital.
Ces deux points peuvent paraitre d’une portée limitée ou même illusoires pour certains, pourtant ils se révèlent d’une grande importance sur le long terme.
L’investisseur particulier à donc des avantages qu’il ignore généralement, préférant se battre avec les armes favorites de son adversaire.
Mehdi MEZIANE, le 30 juillet 2011

vendredi 29 juillet 2011

Le secteur du transport maritime en chute libre


Depuis mi-2008, le prix des actions de sociétés du secteur du transport maritime ne cesse de dégringoler. Aujourd’hui, ces sociétés affichent des ratios surprenants.
Par exemple Excel Maritime, dont l’action est passée de 70$ en 2008 à 2,5$ aujourd’hui affiche :
  • P/B de 0,12
  • PER de1.2
  • Marge opérationnelle de 45%
Surprenant non ?
Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en 2008, la forte demande de transport maritime (liée à l’état de l’économie) était excédentaire vis-à-vis de l’offre disponible du au nombre restreint de navires (qui ne se construisent pas en 2 semaines). Les compagnies de transport maritime pouvaient donc s’octroyer d’énormes marges. Cette profitabilité a naturellement poussé toutes ces compagnies à commander de nouveaux navires… qui ont été livrés au cours des années suivantes. Entre temps, l’économie mondiale s’est effondrée et la demande s’était donc quasi-évaporée.
Il en ressort un secteur fortement concurrentiel, où l’offre dépasse largement la demande et où de nombreux navires tout neufs se retrouvent à rouiller au fond d’un port. Ce qui préoccupe les investisseurs c’est que ce déséquilibre entre l’offre et la demande n’est pas prêt de se réduire grâce à une baisse de l’offre, due à la longue durée de vie des navires.
Cette situation explique donc les valorisations extrêmement faibles du secteur.
L’indice permettant de suivre le cout du transport maritime est le Baltic Dry Index. Un coup d’œil à son évolution est très instructif. Il est passé de 11.600 en juin 2008 à 1.300 aujourd’hui.
Malgré ces perspectives négatives, les valorisations boursières ne sont-elles pas exagérées ? Un discount de 88% sur la valeur comptable dans le cas d’Excel Maritime est-il vraiment raisonnable ?
Mon point de vue : cette industrie est en phase de consolidation, de nombreuses entreprises risquent de disparaitre mais celles qui résisteront jusqu’à la prochaine reprise du commerce international ressortiront plus fortes. Les valorisations suivront. Remember : « be greedy when others are fearful » !
J’ai pris l’exemple flagrant d’Excel Maritime, mais il existe de nombreuses autres sociétés telles que Navios maritime qui est plus solide.
Information AMF (art. 632-1): je ne détiens pas de titres Excel Maritime ou Navios Maritime.