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dimanche 19 décembre 2021

Investir massivement dans Meta ?


On parle de plus en plus de Metaverse et beaucoup considèrent encore qu’il s’agit juste d’une bulle basée sur de la science-fiction.

Vu le titre, vous imaginez que mon point de vue est différent.

Oui, certaines actions estampillées « Metaverse » s’échangent à des multiples délirants de 50x leur chiffre d’affaire (surtout pour des boites sans profits, avec du cash-burn) mais :

  • Certaines le méritent peut-être aussi (lorsqu’elles affichent une croissance de +100% annuel avec une marge brute de 80% et une position de leader sur une niche. 
  • D’autres sont déjà profitables et s’échangent à des multiples vraiment bas compte-tenu de leurs fortes marges et de leur croissance. Pour moi, c’est notamment le cas de Meta.

Meta c’est quoi au juste ? Il s’agit du groupe de Mark Zuckerberg qui comprend : Facebook + Instagram + Whatsapp ainsi qu’Oculus (ce dernier avait été acheté en 2014, il avait de la suite dans les idées !).

Ci-dessous, l'évolution du chiffre d'affaire de Facebook (Meta) depuis 2011 (la croissance reste solide) :


Les raisons de mon engouement pour Meta en quelques points :

1)     Meta est déjà un investissement intéressant sans la partie « Metaverse » : PER de 22 pour une croissance annuelle supérieure à 30% et de très belles marges (marge brute de 80%, marge opérationnelle de 40%). Pour moi c’est cheap.

2)      L’utilisation des casques de réalité virtuelle est aujourd’hui une réalité, autant pour des usages récréatifs que professionnels. Bill Gates prévoit que la majorité des meetings professionnels se feront en réalité virtuelle dans quelques années (je le cite pour indiquer que ce n’est pas juste un geek illuminé qui balance sa vision sur Twitter).

3)      Meta a noué un partenariat avec Microsoft dans ce cadre (on pourra donc probablement accéder aux meetings Teams via un casque Oculus).

4)      En termes d’outils de productivité j’ai pu essayer un outil de création 3D via un casque Oculus c’est impressionant.

5)      Ma conviction est que dans quelques années les Métaverses vont brasser énormément d’argent avec :

a.       Les producteurs de jeux vidéos qui pourront vendre leurs jeux en « one shot » comme auparavant ou sous la forme d’abonnement (on verra sûrement un Netflix du jeux vidéo sous la forme d’un abonnement mensuel pour avoir accès a un grand nombre de jeux différents. L’exemple de l’industrie musicale avec Spotify montre qu’une fois que l’usage devient mature cela augmente le chiffre d’affaire du secteur (120€ annuel d’abonnement Spotify vs l’achat de 6 albums par an à 15€ soit 90€ annuel par exemple). Les achats dans les jeux (skins, armes etc) sera sûrement plus élevés du fait de l’immersion accrue. Certains jeux seront probablement des machines à cash : imaginez l’addiction provoquée par l’accès à un magnifique casino (en réalité virtuelle) dans lequel on est vraiment immergé… Pour une personne vivant loin de ce type d’activités… Et maintenant imaginez la marge que se ferait ce casino virtuel : plus besoin de payer les croupiers, les serveurs, l’éclairage, le loyer et l’entretien des bâtiments et des machines à sous etc…), c’est que du profit !

b.       Les designers et les marques qui vendront des vêtement ou autres objets virtuels sur le Metavers (c’est déjà le cas de Nike, Adidas, Balenciaga, Gucci et Moncler par exemple).

c.       Les artistes qui vendront des œuvres sous forme de NFT (en se baladant dans des galleries d’art virtuelles) que vous pourrez accrocher dans votre salon virtuel (où vous pouvez inviter vos amis).

d.       Les architectes et les promoteurs immobiliers qui pourront présenter leurs projets en immersion totale à leurs clients.

6)      Pour Meta, l’upside de la partie Metaverse est énorme : en se positionnant comme plateforme de ces nouvelles utilisations immersives et mondes virtuelles, Meta va pouvoir prendre des frais à différents niveaux (frais sur chaque transaction, droit d’utilisation de la plateforme etc).

7)      L’obligation d’avoir un compte Facebook pour s’authentifier sur les casques Oculus Quest peut paraître un désagrément initialement mais cela va permettre de ramener les jeunes générations sur le (vieux) réseau social (au lieu d’être juste sur Tik-Tok + Insta + Snap) qui est très rentable également (avec un ARPU en croissance). Cela crée un cercle vertueux entre les deux business.

C’est bien beau tout ça mais pourquoi Meta est si peu chère actuellement ? La réponse est sans doute dans ces 3 points :

  1. Facebook a mauvaise presse, pour beaucoup c’est « le grand méchant loup qui vend vos données au diable ».
  2. Facebook c’est aussi le nom du vieux réseau social, c’est pas du tout sexy et donne une impression de déclin face à Tik-Tok notamment.
  3. Beaucoup pensent qu’une société qui pèse 900 Mds de dollar peut plus difficilement croître qu’une boîte qui pèse « juste » 1mds en bourse… C’est un long débat mais on pensait la même chose de Microsoft il y a 10 ans lorsqu’elle était déjà une des plus grosses capitalisation du monde… depuis elle a fait x10 (bien mieux que la majorité des sociétés pourtant plus petites). Idem pour Apple ou Amazon. Le principal plafond est psychologique.


En chiffres, Meta c’est :

  • 930 Mds de capitalisation (870Mds d’EV car elle a du cash et pas de dettes).
  • 120 Mds de chiffre d’affaire, en croissance de plus de 30% par an.
  • 40 Mds de résultat net (en phase avec les +38 Mds de cash-flow opérationnel).
  • Marge brute de 80%, marge nette de 36%.
  • L’Oculus, le Metaverse etc c’est que du bonus !
Ci-dessous, l'évolution des marges de Meta (marge brute, opérationnelle et marge nette en % du chiffre d'affaire):

Disclaimer :  l'auteur de cet article est actionnaire de Meta. Cet article reste une opinion personnelle et ne constitue pas un conseil en investissement.

dimanche 19 juin 2016

L'Âge du fer

Camions autonomes, région de Pilbara, Australie.
Nécessaire à la production de l’acier qui est utilisé massivement par le BTP et dans le secteur automobile, le minerai de fer est une des ressources clé de notre quotidien. Chaque jour, une poignée de géants extrait cette matière première par millions de tonnes, 24h/24, 7 jours sur 7. Inlassablement.

Le ballet logistique de camions autonomes, de wagons et de vraquiers répond à une réalité économique implacable. Dans ce business, chaque centime économisé sur la production et l’acheminement d’une tonne de minerai correspond à un gain se comptant en millions de dollars en fin d’année.

Quatre géants se partagent 61% du marché. Il s'agit de Rio Tinto (19%), du brésilien Vale (17%), de BHP Biliton (15%) et  de Fortescue Metal Group. La concentration du secteur se renforce actuellement au grand dam des producteurs marginaux qui se voient contraints de sortir du marché.

Parts de marché du minerai de fer (cliquez pour agrandir)


En effet, le cours du minerai de fer est passé en dessous du coût de production de nombreuses sociétés minières (celles se situant dans le dernier quartile en termes de coûts de production). Il va sans dire que ces sociétés se sont donc retrouvées dans une situation financière délicate. Certaines ont déjà déposé le bilan et d’autres « s’agrippent du bout des ongles » pour reprendre l’expression de Sam Walsh (CEO de Rio Tinto).

Cours du minerai de fer sur 10 ans (cliquez pour agrandir)

L’Australie et le Brésil sont les plus gros exportateurs de minerai de fer. Ce minerai converge principalement vers la Chine, plus gros producteur mondial d’acier. C’est ainsi de façon naturelle que l’indice de référence du négoce de minerai de fer correspond à une livraison CFR à un port chinois (Tianjin / Dalian / Qingdao pour citer les principaux) avec une concentration de 62% en fer.

Principales mines et réserves de minerai (cliquez pour agrandir)
Pour résumer, l’idéal pour une minière est d’exploiter un gisement riche en fer (de grade DSO –Direct Shipping Ore- si possible), accessible (à fleur de la surface idéalement), bien relié à un port (voie ferrée ou fluviale) qui se trouve lui-même le plus proche possible d'un port chinois… En se basant sur ces critères, la région de Pilbara en Australie (nord ouest du pays) se retrouve en 1ère place sur le podium, profitant principalement à Rio Tinto et BHP.

Quant à Vale au Brésil, elle a cherché à compenser son éloignement géographique par l’utilisation d’une impressionnante flotte de VLOC (Very Large Ore Cariers, « Valemax ») : de nouveaux monstres marins transportant jusqu’à 400 mille tonnes de minerais de fer chacun ! La faiblesse actuelle du coût de l’énergie contribue également à réduire le delta de coût de transport vis-à-vis de ses concurrents australiens. De plus, un immense projet, baptisé S11D, est en train de sortir de terre au Brésil. Il s’agit d’un investissement colossal de 20 Mds USD qui ambitionne une production annuelle de 90 Millions de tonnes de minerai associée à des coûts d’exploitation extrêmement bas.
Route des Valemax vers l'Asie (cliquez pour agrandir)


En attendant que le marché se ressaisisse, les 3 majeurs devraient très probablement continuer à faire des bénéfices sur cette activité, restant les producteurs à plus bas coût du secteur. Il s’agit vraiment de « cash-cows » dont les marges restent importantes. Nous verrons dans les prochaines années si la stratégie de « predator pricing » poussée par les trois majors se révèle payante (c’est-à-dire si le marché aura éliminé les acteurs marginaux / trop endettés).

La valorisation de ces minières est prévue pour un prochain article, avec tous les ratio et analyses de cash flows qui vont bien !

AMF : je suis actuellement actionnaire de Rio Tinto et je ne compte pas acheter ou vendre de titres d’aucune entreprise citée dans cet article au cours des prochaines 48h. Cet article ne saurait constituer une quelconque recommandation d’achat ou de vente et n’exprime qu’une opinion personnelle. 

samedi 2 mai 2015

Et pour quelques barils de plus...

Cuves de stockage de pétrole en Irak
Chaque marché présente son lot d’opportunités. Qui profite donc aujourd’hui de la baisse des prix de l’or noir ? Bien entendu vous me répondrez tous en chœur : « les sociétés consommatrices de pétrole : industriels comme Michelin et compagnies de transport principalement ». Oui, mais aujourd’hui je vais plutôt parler de certaines sociétés de l’industrie pétrolière qui ont su augmenter leurs profits grâce à la chute des prix.

Je nomme : les compagnies de stockage de pétrole ! En effet, la surabondance d’offre de pétrole a fait plus lourdement chuter le cours spot du pétrole que les marchés à terme (contrats pour une livraison dans 3 mois, 6 mois…). Cette situation a  créé un fort contango (marché à terme > spot). 

Or, lorsque le contango est assez important, il y a une opportunité d’arbitrage qui consiste à acheter la matière première (physiquement, au cours spot), vendre un contrat future et stocker la matière première jusqu’à échéance du contrat future (date de livraison). Cet arbitrage n’est possible que si le spread spot-future dépasse les couts de stockage, d’assurance et les intérêts liés à l’achat spot. En finançant l’achat spot à 100% on réaliserait alors un arbitrage parfait : aucun risque, pas de cash à sortir et un profit certain.

Voici la structure actuelle (mars 2015) du marché à terme sur le WTI et le Brent :
Stucture marché à terme brent et WTI en mars 2015 (cliquez pour agrandir)

Exemple concret : le cours du WTI (spot, mars 2015) est de 47.44 USD contre 56.12 USD pour le contrat future à échéance mars 2016 (un an plus tard). Cela fait un écart de 8.68 USD par baril soit un spread de 18.3% ! Maintenant il faut retrancher intérêts et assurance sur 1 an autour de -1.5 USD / baril et les frais de stockage : actuellement entre 0.5 USD/mois/baril et 1.2 USD pour les solutions les moins optimisées (la location des cuves étant moins chères que celle des navires) soit des frais compris entre 6 USD pour la solution optimisée et 14.4 pour l'autre.

Exemple concret d'arbitrage physique en mars 2015

Bilan : l'arbitrage n'est positif qu'à condition de faire les bons choix logistique et de tout optimiser (l'arbitrage physique requière donc de disposer d'économies d'échelle). There is no free lunch !

 Ces anomalies de marché constituent le fonds de commerce de nombreux arbitrageurs et autres traders commodities des boites de négoce (Vitol, Glencore, Mercuria, Gunvor, Trafigura…) ainsi que de certaines banques  ou de majors pétrolières. Leurs interventions tendent constamment à ramener le marché vers une situation sans anomalies (sans opportunités d’arbitrage).

Revenons à nos moutons et voyons en quoi le contango impacte les sociétés de stockage. Comme nous venons de le voir, la forte baisse de prix a attiré de nombreux arbitrageurs et également des spéculateurs. Ils veulent tous acheter du pétrole aujourd’hui et le stocker pour le revendre plus cher dans quelques mois : ce sont donc des merveilleux clients pour les compagnies de stockage ! Cette demande de capacité de stockage fait donc monter les prix de location (l’offre de stockage restant limitée) des cuves et des tankers (un VLCC peut contenir 2 millions de barrils). 

Pour donner une idée de ce marché : en moyenne un VLCC qui se louait 60K USD quelques mois auparavant se loue désormais au-dessus de 80K USD aujourd’hui soit une augmentation du charter rate de +33% (avec de fortes variations selon les termes du contrat, des caractéristiques du navire etc).

Comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous, la demande de stockage de pétrole a explosé (x3) ces derniers mois (proxy : cuves de Cushing) :
Evolution du stock de pétrole à Cushing (hors réserves stratégique des USA). Source : EIA. (Cliquez pour agrandir)

Ces sociétés sont peu connues du grand public : Vopak (capacité de 210 millions de barils), Kinder Morgan, OilTanking GmbH et Magellan Midstream Partners LP sont les plus importantes de ces sociétés spécialisées et indépendantes (chaque major détient des capacités de stockage). Parmi les traders qui détiennent de fortes capacités de stockage, on peut noter Mercuria qui peut stocker plus de 40 millions de barils et VTTI qui est une filiale de Vitole.

Resterait-il des miettes pour nous, pauvres petits investisseurs ? Malheureusement, les opérations d’arbitrage physique sur le pétrole ont une forte barrière à l’entrée. Concernant un investissement equity dans les sociétés de stockage mentionnées, mon point de vue est que ces sociétés ne sont pas spécialement bon marché actuellement (PER autour de 20) malgré le repricing de leurs nouveaux contrats. Ces tarifs ne vont pas forcément perdurer et de nouvelles capacitées de stockage vont rentrer sur le marché. La prochaine hausse des cours de pétrole ou l’arrivée de nouvelles capacités de stockage sur le marché réduiront automatiquement les marges de Vopak et consorts.

Ce qu’il faut retenir de tout cela est que :
  • En termes de diversification de portefeuille il faut prendre en compte la sensibilité de chaque actif aux différentes variables macroéconomiques (cours du pétrole, taux d’intérêts etc) et non pas classer bêtement par secteur d’activité.
  • Chaque situation de marché présente son lot d’opportunités (arbitrages, hausses des tarifs des nouveaux contrats de location…).
  • Il faut se méfier des heuristiques (ne pas prendre de raccourcis dans une analyse) et bien vérifier que les nouvelles ne sont pas déjà dans les cours.


lundi 31 décembre 2012

Analyse de Securidev (cadeau de fin d'année)


Petit cadeau pour ces fêtes de fin d’année : la découverte et l’analyse de Sécuridev ! Sécuridev conçoit, produit et commercialise des systèmes d’accès et de verrouillage comme des serrures de haute sécurité, des portes blindées et des contrôleurs d’accès.

Très bien me direz-vous, mais qu’est ce que cette société a de spécial ? Du point de vue financier, Sécuridev est une véritable machine à cash, quasiment sans dettes, avec pas mal de liquidités de côté (27M€) et qui présente actuellement un ratio EV/EBITDA de 1,8 !

Vous comprenez désormais mon engouement.

Le titre (ticker : SCDV) s’échange actuellement autour de 23€ pour 3,34€ de bénéfices net par action en 2011 soit un trailing PER de 6,9.

La marge nette sur chiffre d’affaire est correcte et s’établie autour de 5%, produisant un ROE (retour sur capitaux propres) de 10,2%. Cette marge devrait pâtir de la faiblesse actuelle de l’activité économique et tout particulièrement de la chute des mises en chantier pour ce qui est des serrures et système d’accès destinés au bâtiment. Néanmoins, cette chute devrait tout de même être tempérée par le marché des secondes montes qui correspond généralement à 50% de ventes.

La structure extrêmement robuste du bilan (current ratio de 2,2) devrait également permettre à Sécuridev de passer les prochaines années sans encombre et retrouver les mêmes marges sur le long terme.

Je viens de rendre publique mon analyse complète de Sécuridev (pdf de 6 pages) que vous pouvez télécharger gratuitement sur scribd.

Personnellement, Sécuridev est désormais l’une des 3 plus grosses lignes de mon portefeuille et je suis prêt à en acheter de nouveau si le cours venait à baisser.

J’espère que cette analyse vous aura intéressé et je vous souhaite de passer d’excellentes fêtes de fin d’année !

PS : je remercie Benjamin M. de m’avoir fait découvrir cette société il y a quelques temps.

mardi 31 juillet 2012

Analyse FLE: Hold


Pour ceux qui suivent cette société (Fleury Michon), vous trouverez ci-dessous une analyse que je viens de réaliser : (désolé, en anglais)

http://www.scribd.com/doc/101695789/Investment-Analysis-Fleury-Michon

Voici ma conclusion:

"We consider Fleury Michon to be a good company, well managed and working in its shareholders interests but operating in a competitive environment.

The current €30 market price per share seems fair but does not allow for a margin of safety and our recommendation is then to hold. Everything else being equal, we would consider buying if the price was to fall below €25."

Donc rien de bien excitant. Je tenais tout de même à partager ce travail avec ceux qui suivent cette valeur.

Par contre, je prépare actuellement deux analyses financières de sociétés vraiment très intéressantes vu leur niveau de valorisation. Il va falloir patienter !

PS: Merci à Benjamin pour m'avoir fait découvrir l'une des 2 sociétés en cours d'analyse.

Information AMF (art. 632-1): je détiens personnellement des titres "Fleury Michon".

mercredi 18 avril 2012

Analyse: Malteries Franco-belges


Je vous livre aujourd'hui une de mes plus belles trouvailles de l'année, à mettre dans son compte-titre sans hésiter !

Malteries Franco-belges est une small-cap cotée sur Euronext Paris dont l’activité principale est la transformation de l’orge afin d’obtenir du malt qui sera par la suite revendu aux brasseurs.

Elle dispose de quatre sites de production en France : les malteries de Pithiviers (45), de Prouvy (59), de Brazey-en-Plaine (21) et de Saint Saulve (59) et emploie 104 salariés. Ces sites ont une production annuelle de 264.000 tonnes de malt dont 46% est à destination de l’Union Européenne.

A cela s’additionne une importante participation à hauteur de 47.7% dans « Compagnie Internationale des Malteries » (CIM) qui produit 852.000 tonnes de malt dont 66% en Europe Centrale et 33% dans les pays de la Communauté des Etats Indépendants.

Cette société n’est quasiment pas endettée, affiche un PER de 6,7 et un ratio Price-to-Book de 0,6.
De plus, les résultats sont très stables et l’augmentation de la demande des pays émergents devrait avoir un impact positif sur la croissance du groupe.

Le seul point négatif est la faible liquidité du titre, mais cela ne devrait pas poser trop de problèmes pour les petits portefeuilles qui ont un petit peu de patience.

Comptes consolidés : (juin 2011, en k€)


Résultat :
Chiffre d’Affaire : 91.139
Résultat opérationnel : 8.475
Cout de l’endettement financier : (294)
Quote-part CIM : 5.345
Résultat avant impôts : 14.164
Charge d’impôts : (2.988)
Résultat net part du groupe : 11.178

Bilan :
Immobilisations : 34.000
Participation dans CIM : 95.000
Actifs courants : 19.500 (dont stock : 14.000)
Total Actifs : 149.000

Capitaux propres : 122.494
Passifs non-courants : 8.780 (dont impôts différés : 6.800)
Passifs courants : 17.792 (dont 13.200 dettes fournisseurs)
Total Passifs : 149.000

ROE : 9,1%
Marge opérationnelle : 9,3%
Marge net : 5,2%
  (calculée en retirant la participation de CIM au résultat net car CIM ne contribue pas au chiffre d’affaire).


Nombre de titres : 495.988
Capitalisation boursière : 74.400
Bénéfice par action=22.5€
Capitaux propres par action=246€


Divers :
Actionnariat : groupe Malteries soufflet : 92%.
Aucun jeton de présence n’est versé aux administrateurs.
Les dirigeants de Malteries Franco-belges ne perçoivent pas de rémunération.
Culture générale : il faut 12,3kg de malt pour produire un hectolitre de bière.

Information AMF (art. 632-1): je détiens personnellement des titres "Malteries Franco-belges".

vendredi 29 juillet 2011

Le secteur du transport maritime en chute libre


Depuis mi-2008, le prix des actions de sociétés du secteur du transport maritime ne cesse de dégringoler. Aujourd’hui, ces sociétés affichent des ratios surprenants.
Par exemple Excel Maritime, dont l’action est passée de 70$ en 2008 à 2,5$ aujourd’hui affiche :
  • P/B de 0,12
  • PER de1.2
  • Marge opérationnelle de 45%
Surprenant non ?
Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en 2008, la forte demande de transport maritime (liée à l’état de l’économie) était excédentaire vis-à-vis de l’offre disponible du au nombre restreint de navires (qui ne se construisent pas en 2 semaines). Les compagnies de transport maritime pouvaient donc s’octroyer d’énormes marges. Cette profitabilité a naturellement poussé toutes ces compagnies à commander de nouveaux navires… qui ont été livrés au cours des années suivantes. Entre temps, l’économie mondiale s’est effondrée et la demande s’était donc quasi-évaporée.
Il en ressort un secteur fortement concurrentiel, où l’offre dépasse largement la demande et où de nombreux navires tout neufs se retrouvent à rouiller au fond d’un port. Ce qui préoccupe les investisseurs c’est que ce déséquilibre entre l’offre et la demande n’est pas prêt de se réduire grâce à une baisse de l’offre, due à la longue durée de vie des navires.
Cette situation explique donc les valorisations extrêmement faibles du secteur.
L’indice permettant de suivre le cout du transport maritime est le Baltic Dry Index. Un coup d’œil à son évolution est très instructif. Il est passé de 11.600 en juin 2008 à 1.300 aujourd’hui.
Malgré ces perspectives négatives, les valorisations boursières ne sont-elles pas exagérées ? Un discount de 88% sur la valeur comptable dans le cas d’Excel Maritime est-il vraiment raisonnable ?
Mon point de vue : cette industrie est en phase de consolidation, de nombreuses entreprises risquent de disparaitre mais celles qui résisteront jusqu’à la prochaine reprise du commerce international ressortiront plus fortes. Les valorisations suivront. Remember : « be greedy when others are fearful » !
J’ai pris l’exemple flagrant d’Excel Maritime, mais il existe de nombreuses autres sociétés telles que Navios maritime qui est plus solide.
Information AMF (art. 632-1): je ne détiens pas de titres Excel Maritime ou Navios Maritime.